Fast and Furious
Dans une étape de transition tracée autour de Toulouse, jonchée de petites côtes aux pourcentages avoisinant ceux du pastis bu dans la côte de Pech David, Jonas Abrahamsen s'est imposé à la photo-finish face à Mauro Schmidt. L'étape aura surtout été marquée par une exceptionnelle course poursuite entre un groupe parti dès le coup d'envoi de l'étape et un groupe composé de Van der Poel, Van Aert ou encore Simmons. Derrière, les favoris ne se sont pas lâchés à la pédale mais Tadej Pogacar est tombé. Les Pyrénées s'annoncent croustillants.
| Porteur du maillot à pois l'année dernière, Jonas Abrahamsen est venu s'imposer à Toulouse |
Le tracé de cette étape entre portions plates et petites bosses rendait le pronostic plutôt indécis, si les bookmakers prévoyaient un duel Van der Poel / Van Aert et qu'il a plus ou moins eu lieu, on a surtout vu une exceptionnelle course poursuite entre deux groupes d'échappés.
Dès le lever de drapeau, Jonas Abrahamsen, Davide Ballerini et Mauro Schmidt ont pris la poudre d'escampette, rejoints quelques kilomètres après par Mathieu Burgaudeau et Fred Wright. Lorsque nous pensions qu'ils étaient partis pour de bon car le rythme semblait faiblir et que les leaders s'étaient arrêtés pour arroser les champs de tournesol, le peloton a laissé échapper la laisse de quelques uns de ses chiens fous. Ces mouvements inlassables se sont soldés par la formation d'une contre-attaque galactique composée entre autre de Van der Poel et de Van Aert. Toutefois, alors que l'on voyait déjà ce groupe rentrer, la résistance s'est mise en place devant afin de retarder l'arrivée des deux loubards qui avaient la seule ambition de piquer le goûter des fuyards. Stagnant pendant une trentaine de kilomètres autour des 25 secondes, l'écart indiquait clairement que le chat avait bien du mal à attraper la souris.
Le verdict de cette partie de loup touche-touche a été donné dans la côte de vieille Toulouse (1.4km à 6.2%) dont le sommet était situé à une quinzaine de kilomètres de l'arrivée, Abrahamsen et Schmidt qui n'en avaient visiblement pas assez de se reluquer l'arrière train ont décidé de continuer leur relation fusionnelle à deux, en lâchant Ballerini. Les deux garçons ont alors continué leur raid, tapé le nez dans l'effroyable côte de Pech David mais ont officialisé leur victoire sur Goliath. En effet, même si l'inévitable MVDP a réussi à s'isoler, sa bascule au sommet à 27" semblait officialiser la victoire du duo de tête. La course poursuite s'est alors relancé mais comme un symbole de l'étape qu'on venait de vivre, le Hollandais est venu mourir tout près de Schmidt et d'Abrahamsen. Le sprint entre les deux colocataires de la tête de course ne s'est alors pas fait dans le tactique. Tout en force, Jonas Abrahamsen, qui s'est fracturé la clavicule le 18 juin, a enroulé un braquet de mammouth afin de déborder le champion de Suisse sur la ligne. Mathieu Van der Poel, encore une fois incandescent, n'a pu que constater qu'à la moitié du Tour de France avec la fatigue qui en résulte, il faut courir à la perfection car les CV ne veulent plus rien dire.
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