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| L'équipe UAE et son leader Tadej Pogacar ont encore dominé tous les débats dans cette étape menant à Hautacam |
Dans une nouvelle étape courue tambour battant, 51 garçons ont tenté de contre-carrer les plans des leaders en partant à l'avant mais c'est bien Tadej Pogacar, emballé dans ses pansements telle une momie, qui a de nouveau eu le dernier mot. Impitoyable, le champion du monde a profité de l'essorage du peloton par les Visma pour n'utiliser son équipe qu'au pied de la dernière difficulté. Sa seule attaque au pied de l'ascension aura suffit. Avec 3' 11" d'avance sur Vingegaard, le match semble plié mais la bataille pour la troisième place fait encore rage.
Allez leur dire à ces garçons, qui se lèvent tous les matins depuis maintenant douze jours qu'ils n'arrivaient qu'hier dans le "vrai" du Tour. Vous verrez la trogne qu'ils tireront. Cela fait douze jours qu'ils sont à fond, qu'ils se battent pour essayer d'extraire du buffet du Tour les quelques miettes que laisse le Gargantua aux liserés arc-en-ciel. Aujourd'hui encore, ils se sont battus : 51 garçons dans l'échappée, mais aujourd'hui encore, Pogacar n'a pas souhaité en laisser de trop.
La lessiveuse du Soulor en marche
Après plus d'une semaine à fond, à enrouler des braquets Xxl, le retour au petit plateau dans les pentes du Soulor a fait très mal. Plus précisément, c'est comme si quelqu'un avait lancé un programme rapide afin de retirer les moins bons de chaque groupe, Axel Laurence devant et Victor Campenaerts derrière étaient à l'initiative de ce grand ménage. Avec cette opération, les surprises des premières étapes de montagne sont arrivées : Lenny Martinez ainsi que Ben O'Connor ont lâché prise à l'avant mais c'est surtout de derrière qu'est arrivée la surprise : Remco Evenepoel visiblement victime d'un coup de chaud lâché à son tour. Dans la foulée, le maillot jaune Ben Healy a lui aussi explosé, se rendant à l'évidence qu'il valait mieux, pour lui, dynamiter au jour le jour que défendre une place quotidiennement.
Parmi les seuls rescapés à l'avant, Michael Woods est parvenu à passer en tête et revenir proche au classement de la montagne d'un Lenny Martinez qui va devoir vite être régulier pour garder sa tunique. La descente, menée tambour battant a permis au local, Bruno Armirail, de sortir puis de résister plus tardivement que ses compagnons. Un homme l'a imité derrière, puisque Remco Evenepoel avait décidé de mettre une gifle à son coup de chaud dans la descente en revenant sur le groupe des leaders.
Hautacam ou la vengeance de Pogacar
On l'a dit et on l'a répété, l'ogre voulait sa vengeance, battu par Vingegaard et surtout humilié par le maillot vert Wout Van Aert il y a trois ans sur ces pentes, il avait des pendules à remettre à l'heure. La minute 45 d'avance pour Bruno Arimirail semblait être une avance bien trop mince pour résister. L'ambition du patron du Tour s'est concrétisée très tôt lorsque son équipe, n'ayant pas pris les rênes du peloton plus tôt, profitant du travail naïf des Visma, s'est mise à la planche. Si Adam Yates a relativement déçu, s'écartant très vite, Jonathan Narvaez s'est dit qu'il devait assurer le boulot que l'Anglais n'avait pas fait. L'Equatorien, dont ou soulignera les prodigieux progrès en montagne, a alors accéléré dès le pied, fait exploser tous les leaders puis catapulté son poulain vers une victoire prévisible.
Le rouleau compresseur slovène, seul dans son monde, a très vite repris Bruno Armirail. S'il a un instant semblé douter quand il ne cessait d'enlever son oreillette puis de la remettre pour obtenir des infos sur un écart qui ne grandissait pas dans les proportions habituelles, les bonnes vieilles habitudes sont revenues puisque la distance séparant les deux derniers vainqueurs du Tour s'est significativement accrue. Le Danois ne pouvait que constater les dégâts, secouant sa carcasse maigre et creuse qui devait faire envie aux rapaces des alentours. Le Slovène n'a jamais cessé d'agrandir son avance, vainqueur au sommet avec 2'10", il a désormais 3'11" d'avance. Le Tour n'est pas fini mais le tenant du titre a breaké dans le 3ème set.
La bataille pour la troisième place risque de rimer avec maillot blanc
Dans cette orgie de watt, ce concours Lépine de la meilleure centrale électrique, une belle lutte semble toutefois se dessiner : qui sera le troisième homme ? Remco Evenepoel a semblé à plusieurs reprises lâcher le morceau mais il s'est battu comme un diable, lissant son effort comme dans son exercice fétiche, il n'a jamais perdu le fil de l'étape et reste troisième. Celui qui a le mieux tiré son épingle du jeu, c'est l'Allemand Florian Lipowitz. Comme sur le Dauphiné, le coureur de la Redbull Bora a tiré la tête de cette eau agitée par les remous du gros baigneur slovène et de sa bouée danoise. Après avoir lâché les stupéfiants Oscar Onley et Tobias Johannessen, l'ancien biathlète a même semblé être capable de revoir Jonas Vingegaard. Il n'a échoué qu'à treize secondes mais il prend date pour Paris. Il faudra évidemment parler de la performance de Kévin Vauquelin qui a passé la journée à se battre pour arriver à finir 6ème devant Remco Evenepoel et reste plus que jamais dans le match après la disparition de Matteo Jorgenson. Au matin d'un chrono, Evenepoel est en blanc, mais on dirait qu'une entente "Allemando-Norvégo-Ecossaise" a maculé ce maillot de boue et semble prête à le baigner pleinement dedans.
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